Camille de Toledo, la violence de Thésée

Thesee Camille de Toledo

Laisser le texte s’effilocher, le rendre palpable, interdit, peut-être. Ici, Camille de Toledo a tout laissé de lui. La mémoire sonne comme une promenade, et si l’écrivain déploie la ponctuation comme un conteur, chacun est positionné de telle sorte qu’au fond, Thésée, sa vie nouvelle n’est ni un livre d’images, ni une « tentative » de littérature. Il est l’acmé d’un style et le résultat d’une ambition caressant l’intime : la mort, non, le suicide d’un frère, et d’un noyau familial. Un « livre des morts », dit son auteur, où la violence est partout. Car c’est bien de ça dont il est question : parcourir le monde à la recherche d’un temps perdu, d’un temps à retrouver. Et si le temps est le garant de l’identité, alors peut-être que Thésée, sa vie nouvelle, est le récit d’un fils restant, en quête de tout, et surtout de soi.  

Camille de Toledo, Thésée, sa vie nouvelle, Verdier, août 2020, 256 pages

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