Thierry Dancourt, Silence Radio

Ce qui constitue peut-être la plus grande force de Thierry Dancourt, ce sont les noeuds qu’il tisse avec le temps, et avec celui ou celle qui le lit. Ce temps qui permet, en jouant sur les registres, de remonter depuis les années 1960, jusqu’à atteindre un présent tout aussi nébuleux. Oui, Silence Radio met en relief le lien entre une époque et un moment, entre les lieux et les personnages, dont cette femme, en attente d’un amant dans une station thermale. Aussi, Thierry Dancourt maîtrise l’art du portrait, de la déambulation bienheureuse, et de l’âme de chaque province qu’il décrit. Une ambiance diffuse est construite au fil des pages : la sensation d’une angoisse suintante qui nous prend par le bras pour nous emmener quelque part. Mais continuons les énumérations. Silence Radio, c’est un Paris occupé, des montagnes suisses, des chambres d’hôtels et de l’Alka-Seltzer à revendre. Pourtant, le moins que l’on puisse dire, c’est que Dancourt ne fait aucune fausse piste, et que l’on ne ressort certainement pas d’ici avec la gueule de bois.

Silence Radio, Thierry Dancourt, Table Ronde, avril 2021, 240 pages