3 (bonnes) raisons de lire « Couleurs de l’incendie » de Pierre Lemaitre

Depuis 2006, le paysage littéraire français compte Pierre Lemaitre. Lauréat du prix Goncourt en 2013 avec Au revoir là-haut (adapté en bande dessinée (par Christian De Metter) et au cinéma (par Albert Dupontel), il revient cette année avec Couleurs de l’incendie. Il s’agit là du deuxième volume de sa trilogie sur l’entre-deux-guerres, appelé par le succès du premier. (En l’occurrence, Au revoir là-haut).

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Albin Michel nous présente donc ce nouvel ouvrage ainsi :

Février 1927. Le Tout-Paris assiste aux obsèques de Marcel Péricourt. Sa fille, Madeleine, doit prendre la tête de l’empire financier dont elle est l’héritière, mais le destin en décide autrement. Son fils, Paul, d’un geste inattendu et tragique, va placer Madeleine sur le chemin de la ruine et du déclassement.
Face à l’adversité des hommes, à la cupidité de son époque, à la corruption de son milieu et à l’ambition de son entourage, Madeleine devra déployer des trésors d’intelligence, d’énergie mais aussi de machiavélisme pour survivre et reconstruire sa vie. Tâche d’autant plus difficile dans une France qui observe, impuissante, les premières couleurs de l’incendie qui va ravager l’Europe.

 

Vous l’aurez compris, j’ai donc beaucoup aimé ce nouveau roman, et ai décidé de lister trois bonnes raisons de le feuilleter, voire de le lire tiens !

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  • Parce que 500 pages, ça paraît presque court :

544 pages pour être exact. Alors oui, Couleurs de l’incendie est ce que l’on appelle vulgairement un « pavé ». Un pavé qui ferait reculer le commun des mortels, mais il se pourrait que ça soit une erreur ! Dès le (très très bon) début, le lecteur est cueilli, jusqu’à ne plus vouloir refermer le livre. (joli lieu commun, merci à moi) Une espèce de fresque romanesque à la Dumas se met alors en place, et le concept de trilogie prend tout son sens. Ici, l’action se passe dans les années 1930 (le prochain se déroulera dans les années 1940, pendant l’exode, alors que Au revoir là-haut situait son action dans les années 1920), et on ressent une petite jubilation à la lecture de cet enchaînement de tragédies qui s’abat sur le roman. (ouh le mauvais..) Mais ça n’est pas la seule raison !

  • Parce que ça parle (bien) d’émancipation féminine :

Après avoir placé un homme au centre de Au revoir là-haut, c’est à présent une femme – Madeleine – qui en tient les rênes. Le personnage secondaire devient principal, et incarne de nombreuses valeurs résolument actuelles, qui parleront au plus grand nombre. Pierre Lemaitre mélange avec habileté pouvoir financier, désir sexuel féminin ou encore technocratie, avec un ton qu’on lui connaît. (enfin, si on le connaît) Des résonances entre les années 1930 et notre époque qui ne font qu’aiguiser notre sens politique, et j’ai adoré ça !

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  • Parce que l’écriture est énergique :

De l’ironie, des péripéties, un ton cinglant, des prises à partie avec le lecteur, Couleurs de l’incendie est ce genre de roman qui nous emporte aussi via la plume de son auteur (ce qui commence à être assez rare pour le noter). Pierre Lemaitre n’hésite pas à capter notre attention avec un style que j’avais déjà aimé retrouver dans Trois jours et une vie (paru en 2016), en mêlant le tout à une histoire que l’on pourrait oser qualifier de « passionnante ». Il (se) pose des questions, évoque des thèmes subversifs, parle de fond comme de forme, et, au final, nous livre (attention jeu de mot et humour.) un ouvrage très réussi !

Le cru de la rentrée littéraire de janvier a donc commencé pour moi par une très jolie découverte, et je pense pouvoir affirmer que Couleurs de l’incendie va (presque) faire l’unanimité au sein de la critique littéraire également. Car il a tout pour plaire, qu’on se le dise !

Pierre Lemaitre, Couleurs de l’incendie, Albin Michel, janvier 2018, 544 pages, 22,90€

 

 

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Trois « beaux livres » à (s’)offrir pour Noël !

Hello !

De la manière la plus originale qui soit, voici voilà… un article « idées cadeaux de Noël » ! Plus sérieusement, j’aime assez l’idée d’offrir (et de recevoir finalement) ce que l’on appelle un « beau livre ». C’est précisément le genre d’objet qui, à mon sens, fait plaisir mais que l’on ne s’achète que très rarement, souvent en raison de son prix !

Je passe pas mal de temps à regarder les sorties littéraires, qu’il s’agisse de romans, de bandes dessinées, ou encore de beaux livres ! J’ai donc sélectionné trois produits, sortis il y a peu, et assez intéressants/originaux pour être offerts (enfin je crois).

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  • The Parisianer, Utoipes 2050 :

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Alors celui-ci, je l’ai découvert il y a quelques jours, alors que je flânais tout simplement dans une librairie. The Parisianer, c’est ce magazine imaginaire, dont le concept est né en 2013, et donc les couvertures mettent en exergue la vision qu’a un artiste de Paris. Voilà, pour la faire courte, c’est l’idée ! Un premier livre est d’ailleurs sorti en 2014, regroupant toutes les Unes imaginaires, et constituant également une idée cadeau assez chouette !

Et cette fois-ci, The Parisianer est allé plus loin, et publie donc The Parisianer, Utopies 2050, issu de l’exposition de 2015. Vous l’aurez probablement compris, ici, les couvertures sont celles que l’on pourrait potentiellement retrouver dans 30 ans, toujours imaginées par treize illustrateurs (Clémence Pollet, Wassim Boutaleb, Michael Prigent, ou Philippe Mignon pour ne citer qu’eux)

Je ne vous dévoile pas tout, mais on retrouve, par exemple, une éolienne sur le Moulin Rouge ! Toutes ces illustrations sont donc des mises en scène de la vie quotidienne parisienne, toujours liées à des sujets sociétaux, comme le réchauffement climatique, le logement, les énergies nouvelles, etc. En somme, un objet vraiment sympa à retrouver sous le sapin !

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The Parisianer, Utopies 2050, Collectif, 10/18, novembre 2017, 152 pages, 18,90€


 

  • Barbes, boucs, moustaches et autres favoris dans l’art d’hier et aujourd’hui :

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Ce livre s’adresse à tout le monde, mais peut-être plus particulièrement à ceux et celles pour qui l’art de la barbe est un vrai sujet. Car, précisément, il s’agit ici d’un vrai gros livre que l’on pourrait apparenter à une anthologie de la barbe. Conçu par Sarah Daniel-Hamizi, la Barbière de Paris (la seule femme barbier parisienne, dont les salons sont… à Paris !) on a là 240 pages de photos de barbes, toutes plus atypiques les unes que les autres, avec des explications très fournies, des supports attrapés dans l’histoire, mais également dans les arts. Une espèce de voyage au pays des barbus (comme c’est bien dit tiens), vraiment très intéressant, et qui plaira à coup sûr à un chasseur de tendance, ou à un barbu/moustachu militant !

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Barbes, boucs, moustaches et autres favoris dans l’art d’hier et aujourd’hui, Sarah, La Barbière de Paris, Cernunnos, octobre 2017, 288 pages, 40€


 

  • À Paris :

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Celui-ci est probablement un peu plus « conventionnel », un peu plus connu également, mais il est certain qu’il peut être une idée cadeau chouette pour beaucoup de personnes ! Jeanne Damas (aux photos) et Lauren Bastide (à l’écriture) se sont associé pour produire ce joli livre illustré, reprenant un thème fédérateur et inépuisable : Paris.

L’idée de cet ouvrage est donc de dresser le portrait de 20 parisiennes, de parcours et de quartiers différents, et de les suivre jusque chez elles. On y découvre « leur » Paris, leurs anecdotes, et, finalement, leur petite vie, très simplement. Ces portraits sont donc accompagnés de photos, prises par la « it-girl » Jeanne Damas, et sont entrecoupés d’annexes, des meilleurs restaurants de la capitale (toutes proportions gardées sur ce terme évidemment), en passant par des petits textes amoureux de Paris.

Une vision de la ville toujours chouette à recevoir en cadeau (et l’objet-livre est par ailleurs très réussi !)

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À Paris, Lauren Bastide & Jeanne Damas, Grasset, octobre 2017, 228 pages, 24€


 

Voilà pour cette petite sélection, d’autres articles « noëliques » arrivent très vite ! Bonne journée !

Une journée en Champagne à la découverte de Piper-Heidsieck !

Hello ! Si vous me suivez sur Instagram (je commence les deux tiers de mes articles comme ça non ?), vous avez peut-être vu que je suis récemment parti en Champagne-Ardenne avec la marque de champagne Piper-Heidsieck. L’idée de découvrir les « coulisses » et les secrets de fabrication d’une grande entreprise comme celle-ci m’a tout de suite plu, et le moins que l’on puisse dire, c’est que je suis reparti avec plein de petites infos ! Je n’ai qu’à les partager avec vous finalement, non ?

Arrivé dans la matinée au siège de Piper-Heidsieck, nous sommes accueilli par un buffet digne de la Cène (quoique..). Nous n’avons évidemment mangé que la quart du tiers du quart des denrées, mais les bases étaient posées, bienvenue en Champagne !

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S’en est ensuivi une visite de la cuverie – où le champagne se fait – appuyée par les explications de notre accompagnatrice. Au centre de cette pièce, deux immenses cuves d’assemblage, qui peuvent respectivement contenir 500 000 bouteilles chacune. De quoi passer une bonne soirée… (lourdeur) Chaque cru et chaque cépage dispose de sa propre cuve, de sorte à respecter au mieux le processus de vinification de chacun. À titre d’exemple, pour élaborer la Cuvée Brut (dont je vous parlerai plus tard), une centaine de crus sont nécessaires. On est donc sur une production à haute échelle !

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Le bâtiment qui abrite la maison de champagne est relativement atypique. Créé en 2008 par Jacques Ferrier, ses lignes graphiques et modernes donnent à Piper-Heidsieck un souffle nouveau qui, à mon sens, tranche avec certaines autres maisons de champagne, qui n’ont parfois pas les moyens techniques de le faire.

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Chez Piper-Heidsieck, l’idée de base est vraiment de rendre toutes les bouteilles homogènes, d’un point de vue qualitatif, de sorte à entretenir une image de marque durable. C’est la raison pour laquelle des vins de réserve ont commencé à voir le jour en 1999. En bref, ces vins sont reconnus chaque année pour leurs qualités exceptionnelles, et viennent compléter la recette des champagne Piper-Heidsieck, de sorte à assurer une régularité des arômes. Sur le papier, on peine à saisir le principe, mais Régis Camus – le Chef de Cave de la maison – a reçu huit fois le titre de « Chef de Cave de l’année » par le International Wine Challenge. En partant du principe que Piper-Heidsieck est la Maison de Champagne la plus récompensée du siècle, on se dit que c’est un bon principe.

piper heidsieck champagne

La petite visite se poursuit dans les caves, où les bouteilles sont stockées pendant six à dix ans, puis dans le petit musée (oui oui), retraçant l’histoire et les faits marquants qui ont fait la renommée de la maison. On retiendra notamment que Piper-Heidsieck est très impliquée/présente dans le cinéma international. Fournisseur officiel du Festival de Cannes depuis les années 1990, Champagne officiel des Oscars à deux reprises, présent à de nombreuses reprises dans divers films, bref, on est sur une implication notable ! C’est la raison pour laquelle une petite ambiance « tapis rouge » a été mise en place au Siège de Piper (oui, j’ose le petit surnom, je suis comme ça !)

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Le champagne est donc produit en… Champagne, oui d’accord, mais pour quelles raisons exactes ? Trois caractéristiques construisent cette région : un climat rude avec des grandes variations de températures en hiver ou en été, un sous-sol calcaire, et une terre vallonnée. Cette dernière est idéale pour cultiver le raisin ! On y produit donc le champagne à partir de trois cépages champenois : le Chardonnay (vif et chaleureux), le Meunier (fruité et charnu), et le Pinot Noir (puissant, aux notes de fruits rouges).

piper heidsieck champagne

Bon, après s’être imprégné de toutes ces infos, direction la dégustation, moment clé de la journée, où on a pu découvrir les différents champagnes proposés par la marque, et où on a appris à les différencier.

La dégustation est un moment clé dans la fabrication du champagne. Tous les cépages et tous les crus sont affectés à une cuve spécifique, et sont suivis de près chaque jour. Le Chef de Caves (Séverine Frerson en l’occurence) et son équipe identifient les caractéristiques de chaque vin, de sorte à les utiliser pour assembler les cuvées non-millésimées.

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Piper a mis en place une technique assez originale pour nous faire déguster ses champagnes : la dégustation au toucher. Devant nous, une petite boîte, contenant différents types de tissus, de sorte à pouvoir associer ce que l’on boit à une sensation. Une manière d’intégrer le sens du toucher aux quatre autres sens, qui paraissent, quant à eux, aller de soi lorsque l’on déguste un quelconque aliment/boisson. On se prend au jeu, pas si facile au demeurant, et on finit par trouver à chaque fois quel tissu se rapproche le plus de quel champagne.

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En ce qui concerne la dégustation, nous avons eu la chance de goûter (de gauche à droite) le Brut, l’Essentiel (cuvée réservée), le Vintage 2008 (millésimé), le Rosé sauvage, et la Cuvée Sublime (et ben rien que ça dis donc !). Pour faire court, la Cuvée Brut est la signature de la Maison, non millésimée, harmonieux et vive en même temps. L’Essentiel retranscrit l’essence même du champagne, assemblage de Pinot Noir, de Meunier et de Chardonnay. Le Vintage est l’équilibre parfait entre le Chardonnay et le Pinot Noir, et se bonifie à merveille au fil du temps. Le Rosé Sauvage, quant à lui, est l’alliance parfaite entre vins blancs et rouges, dont la première recette date de 2001. Et enfin, la Cuvée Sublime rassemble des Pinots Noirs pour donner le caractère harmonieux d’un « grand champagne ».

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En bref, une journée hyper intéressante, pleine de découvertes (et c’est tout ce qu’on veut finalement non ?) et, qu’on se le dise, déguster du champagne tout au long de la journée, y’a quand même pire !

 

Mon top 3 de la rentrée littéraire 2017 !

Hello hello ! Si vous me suivez sur Instagram, vous savez probablement que j’aime (beaucoup) la littérature, notamment contemporaine. Et la rentrée littéraire est un moment de l’année qui m’enchante au plus haut point, autant qu’il me perd. (581 ouvrages publiés cette année, bonsoir à tous). Comme chaque année, j’ai donc entrepris d’en lire le maximum, sans réel critère, au fil des découvertes, des occasions. Bien évidemment, je ne suis pas journaliste littéraire, mon avis est donc hyper subjectif, et je n’ai évidemment pas lu 581 ouvrages. Toutefois, j’en ai, je crois, découvert un nombre certain  (j’ai par ailleurs été assez déçu de mes lectures, d’où le temps assez long pour rédiger cet article), et vous livre (jeu de mot) ici mon top 3 !

 

Sciences de la vie, Joy Sorman

Dès que j’ai vu s’afficher le nom de Joy Sorman dans la liste des ouvrages de cette rentrée littéraire 2017, j’ai immédiatement sauté sur l’occasion. Il est de ces auteurs dont on ne souhaite manquer aucune parution. Et chez moi, Joy Sorman en fait partie ! (Je ne compte plus le nombre de personnes à qui j’ai offert Comme une bête, paru en 2012 !) Et cette année, je n’ai pas été déçu (ah oui, on peut aimer un auteur et détester l’un de ces ouvrages, dédicace à tous les fans d’Amélie Nothomb) Bref, alors Sciences de la vie, qu’est-ce que c’est, pourquoi j’aurais envie de le conseiller ?

Tout d’abord, sur le site du Seuil, on trouve ce résumé :

Nombre de médecins qui se sont penchés sur les cas saugrenus de la famille de Ninon Moise ont échoué à les guérir, parfois même à simplement les nommer. Depuis le Moyen Âge, les filles aînées de chaque génération sont frappées, les catastrophes s’enchaînent. Ninon, dix-sept ans, dernière-née de cette lignée maudite, a droit à un beau diagnostic : allodynie tactile dynamique, trois mots brandis pour désigner ce mal mystérieux qui brûle la peau de ses bras sans laisser de traces, et sans explications.

Mais Ninon, contrairement à ses aïeules, ne se contente pas d’une formule magique, veut être soignée par la science, et entend échapper au déterminisme génétique, aux récits de sorcières qui ont bercé son enfance, pour rejoindre le temps, adulte, des expériences raisonnées. C’est une décision, celle de contrarier sa propre histoire, de s’inventer une nouvelle identité, de remonter le courant de son intuition initiale, qui lui a fait dire un 19 janvier au réveil je suis maudite comme toutes les autres.

Formidable odyssée de la peau, ce roman de Joy Sorman tend le fil suspendu du destin dans le labyrinthe des énigmes médicales, où l’emporte toujours « la vie, la vie, la vie décidément ».

rentrée littéraire joy sorman sciences de la vie

Bon, très bien, un sujet peu romanesque de prime abord, que Joy Sorman parvient, à mon sens, à « pousser dans ses retranchements ». Le sens de l’analyse dont elle fait preuve prend le dessus, alors qu’on pourrait la soupçonner d’adopter un style alambiqué pour masquer le contenu. Les explications et autres exposés un poil scientifiques sont transmis avec un savoir simple et éloquent, qui nous évite de suspendre la lecture tous les quart d’heure, et de prendre son plus beau « Quid » (livre que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître..) pour y chercher une définition.

Bref, Joy Sorman décrit donc avec ce que j’imagine être une certaine justesse, l’état d’esprit et la douleur permanente de ces personnes atteintes de maladies rares. Maladies rares que l’on considérera alors comme des espèces d’énigmes pour la science et qui, une fois disparues, rendent le malade comme isolé, seul au monde. Comme souvent, une nouvelle expérience de lecteur s’engage avec Joy Sorman !

Joy Sorman, Sciences de la vie, Seuil, 272 pages


Yves Ravey, Trois jours chez ma tante

J’avoue, j’ai choisi celui-ci moins pour l’auteur et le sujet que la maison – à qui je fais entièrement confiance sur la qualité des publications. Je me baladais en librairie, et j’ai tout simplement acheté cet ouvrage, sans avoir vraiment lu le résumé, sans totalement connaître Yves Ravey. Bref, « au petit bonheur la chance » comme on dit ? (comment ça personne ne dit ça ?) Peut-être le titre, qui me fait penser au Goncourt 2005 de François Weyergans, Trois jours chez ma mère ? Quoiqu’il en soit, je m’y suis mis, et ai, par la même occasion, découvert qu’Yves Ravey est un écrivain assez prolifique (on est sur un 18ème roman, ah oui très bien..), dont l’oeuvre théâtrale est entrée à la Comédie Française !

Bon, et ce livre, dans tout ça ? Les Éditions de Minuit le décrivent ainsi :

Après vingt ans d’absence, Marcello Martini est convoqué par sa tante, une vieille dame fortunée qui finit ses jours dans une maison de retraite médicalisée, en ayant gardé toute sa tête.
Elle lui fait savoir qu’elle met fin à son virement mensuel et envisage de le déshériter.
Une discussion s’engage entre eux et ça démarre très fort.

rentrée littéraire yves ravey trois jours chez ma tante

Pour ce 18ème ouvrage, Yves Ravey développe une écriture assez sobre, au service d’un suspsense assez poignant. Les choses sont dévoilées avec un certain calme, un goût pour les détails dits « anodins » assez notable. L’atmosphère prend alors un tournant de plus en plus romanesque, posant des bases presque pesantes, non sans humour à certains moments ! Cette écriture que j’oserais qualifier d’intelligente a d’ailleurs donné à Trois jours chez ma tante une place de choix dans la première sélection du prix Goncourt 2017.

Yves Ravey, Trois jours chez ma tante, Minuit, 192 pages


 

Christophe Honoré, Ton Père

Christophe Honoré est auteur jeunesse, metteur en scène pour le cinéma (Les Chansons d’Amour, par exemple, c’est lui) et le théâtre. Il publie Ton Père au sein de la collection « Traits et portraits » des éditions Mercure de France. Cette collection a pour objectif d’inviter des personnalités à se livrer à l’exercice de l’autoportrait, ponctué d’illustrations choisies par leurs auteurs. Sur les conseils d’une amie, je me suis donc procuré cet ouvrage, qui est – toutes proportions gardées sur ces termes – le récit d’une homophobie ordinaire :

 « Je m’appelle Christophe et j’étais déjà assez âgé quand un enfant est entré dans ma chambre avec un papier à la main. »

C’est par cette première phrase que Christophe Honoré nous fait entrer dans le fulgurant autoportrait romancé d’un homme d’aujourd’hui qui lui ressemble mais qui n’est pas tout à fait lui. Lui, le cinéaste, le metteur en scène de théâtre et d’opéra, mais avant tout l’écrivain.

Sur le papier que sa fille de dix ans a trouvé épinglé à la porte de son appartement, ces mots griffonnés au feutre noir : « Guerre et paix : contrepèterie douteuse ? » Alors, très vite, tout s’emballe et devient presque polar. Qui a écrit ces mots ? Qui le soupçonne d’être un mauvais père ? Peut-on être gay et père ? Le livre nous conduit soudain dans tous les recoins d’une vie mais aussi au cœur de l’adolescence en Bretagne, la découverte du désir, des filles, des garçons, du plaisir, de la drague.

Un livre à la fois puissant et énigmatique, d’une merveilleuse liberté, à la mesure de son sujet.

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Ici, le lecteur est immergé dans la mémoire intime de Christophe Honoré. Ce dernier cherche des indices parfois très anciens, dans sa propre enfance, puis au coeur de son adolescence bretonne. Honoré dresse le portrait d’un homme qui doute, mais qui ne baisse pas les bras, à l’aide d’une écriture de l’intime assez poussée. Cette même écriture qui me ferait dire qu’il s’agit ici d’un livre assez « libre », qui fait du bien à voir (à lire), où l’on ressent, de manière subtile mais franche, que l’homosexualité n’a jamais induit, pour lui, l’exclusion de la paternité..

On notera également la présence de photos. De photos d’écrivains et artistes morts du sida – Hervé Guibert, Serge Daney, Jean-Luc Lagarce, Jacques Demy, ou encore Bernard-Marie Koltès. Ton Père est, par ailleurs, présent sur la liste des prix Médicis et Décembre.

Christophe Honoré, Ton Père, Mercure de France, 192 pages

 

Bon, voilà pour mon top 3 ! Aucun de ces ouvrages n’est un « coup de coeur » véritable, mais ils sont, à mon sens, ceux qui se sont démarqués au sein de mes lectures. Par ailleurs, je songe à intégrer beaucoup plus de culture dans mon contenu, sur le blog notamment. N’hésitez pas à me faire savoir si c’est un thème qui vous intéresserait ou non, bonne journée !

3 idées de cadeaux pour la fête des pères !

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Bonjour bonjour !

La fête des pères, c’est le 18 juin ! Et, on le sait tous, faire un cadeau à un homme est souvent plus compliqué, papa ou non ! Alors bon, pourquoi pas trois petites idées de cadeaux – à plus ou moins petits prix ? Ca peut donner des pistes, au cas où quoi !

  • Un kit de rasage :

Qu’on se le dise, il y a fort à parier pour que votre papa ait de la barbe. Et bien des marques comme Big Moustache proposent notamment des rasoirs et des lames de qualité, sous forme d’abonnement (sans engagement !), mais pas que ! Un principe plutôt très sympa, lorsqu’on sait que son Papounet utilise et use son rasoir manuel quasi-quotidiennement. Sachez également que, pour un cadeau plus complet, Big Moustache propose des super coffrets de rasage, entre 25€ et 50€. Par exemple, le coffret du bûcheron (en photo juste après) comprend tout le matériel nécessaire pour bien entretenir sa barbe, c’est-à-dire :

  • 1 brosse à barbe
  • 1 huile à barbe (50 ml)
  • 1 paire de ciseaux
  • 1 rasoir 5 lames Terminator (manche + 1 recharge)
  • 1 mois d’abonnement à Big Moustache

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Un coffret pour la moustache est également disponible, mais également une multitude de petits produits, dont le fil conducteur est toujours le rasage, bien évidemment : savon à barbe, stick cicatrisant, ou encore bol de rasage, tout y est pour rendre son papa le plus beau du monde ! (bon, en tout cas, le mieux rasé)

Pour les petits flemmards (parisiens), à noter que Big Moustache propose un service de barbier à domicile, plutôt sympa ça !

Plus d’infos sur le site internet de Big Moustache, la page Facebook, ou encore le compte Instagram : @Bigmoustache


  • Un petit coffret chouette chouette !

Greenma, c’est une marque que j’adore ! De base, cette entreprise, implantée à Lyon, produit du (bon) thé, mais fourmille d’idées, comme celle que je m’apprête à vous présenter ! Car oui, Greenma s’est mis aux savons et aux bougies, et fait même des coffrets, idéal donc pour la fête des pères ! (ah oui tiens)

Ce coffret-ci est vraiment top, lorsqu’il s’agit de faire découvrir des parfums de différentes manières. Il comprend donc un thé vert à la menthe (toujours présenté dans un joli pot en verre fumé), ainsi qu’un savon romarin/menthe poivrée/pin sylvestre, on adore ! Emballé dans un petit pochon plutôt très chouette, c’est, à mon sens, un petit cadeau idéal, et tout ceci pour une vingtaine d’euros !

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Alors pour plus d’infos, rendez-vous sur le site de Greenma, la page Facebook, ou encore le compte Instagram : @Greenma_france.


  • Un livre d’actualité

Quoi de mieux que présenter l’actu à son papa sous une forme différente qu’un reportage TF1 ou qu’un article basique dans Le Point ? En BD par exemple, en voilà une bonne idée ! J’ai récemment acheté Le Journal du off, ouvrage scénarisé par Renaud Saint-Cricq et Frédéric Gerschel, et dessiné par James. Paru le 17 mai chez Glénat, Le Journal du off présente la campagne d’Emmanuel Macron (notre actuel Président de la République, au cas où hein !) Neuf mois de coulisses suivis par un journaliste fictif, pour des secrets politiques qui, eux, sont bien réels ! Un cadeau plutôt très sympa à offrir à son Papa pour marquer le coup, non ?

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Bref, cadeau ou pas cadeau, la fête des pères, c’est toujours un bon prétexte pour partager un moment cool avec son Papounet !

À plus tard !

Une semaine, des découvertes #4

Bonjour bonjour !

Incroyable mais vrai, ceux qui me suivent depuis quelques temps se souviennent peut-être de la série « Une semaine, des découvertes », que j’avais mis en place ici même. Une manière de partager mes petits bons plans du moment, mes découvertes finalement. Et bien après la troisième édition (qui date d’octobre dernier, ah oui quand même..), en toute logique, voici la quatrième ! Au programme : des lunettes, une invitation au voyage, du whisky canadien (et pourquoi pas ?), un service révolutionnaire pour les flemmards parisiens, et ma petite musique du moment, go !

  • Des lunettes de soleil eco-responsables : Shinywood

Dans mon dernier article, je vous parlais de la marque Vuarnet, suite à mon passage dans leur première boutique parisienne. Et bien passion du moment oblige, j’ai découvert une autre marque, à l’esprit différent et ultra chouette : Shinywood. Les lunettes Shinywood sont des lunettes dont la monture pliable est fabriquée en bois ou en bambou ! J’ai directement été sous le charme de l’idée, et de l’esprit responsable que véhicule cette marque. Adaptée aussi bien pour les hommes que pour les femmes, les produits ne sont pas que chouettes sur le papier. Eh non, car Shinywood a travaillé dur pour que la qualité soit aussi au rendez-vous. Les montures des lunettes sont équipées de verres aux normes UV400 de catégorie 3, ce qui, en gros, implique une protection à hauteur de 100% face aux UVA, UVB, et UVC. Je crois que tout est dit, de jolis produits, de chouettes valeurs, une qualité évidente, et une livraison gratuite, on aurait presque envie d’un code promo pour en profiter. Oh, mais qu’est-ce que c’est ?

On me dit qu’en entrant le code THOMASLOUIS10 sur le site de Shinywood (sans minimum d’achat jusqu’au 31 mai 2017), notre commande se voit créditée de 10%. Une belle manière de se préparer à l’été !

IMG_0862IMG_0872IMG_0873Alors rendez-vous sur le site de Shinywood, la page Facebook, ou le compte Instagram (@shinywood_fr) pour en découvrir plus !


J’ai récemment fait la découverte de petits guides ultra bien-faits, et pensé pour tous. En effet, les Éditions Jonglez sont de petits livres réalisés par les habitants d’une ville, pour les habitants de cette même ville, mais aussi pour les voyageurs curieux. Le concept de faire (re)découvrir son lieu de vie à son voisin tout en restant touristiquement intéressant pour tous est un pari osé, mais réussi ! Car les lieux qui figurent dans les guides que je vous présente ici ne sont souvent pas présents dans les guides traditionnels, sont souvent insolites, et permettent facilement de sortir des sentiers battus, et du fameux « attrape-touristes ».

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Pour plus d’infos, rendez-vous sur le site internet des Éditions Jonglez, leur page Facebook, ou encore leur compte Instagram : @editionsjonglez


pike creek whisky canadien
Crédit photo : Shehan (10 days in Paris)
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Crédit photo : Shehan (10 days in Paris)

Il y a maintenant quelques semaines, je me suis rendu à un déjeuner au Floyd’s (un, je cite, « bar & grill » parisien), dans le but de découvrir le nouveau whisky mis en place par Pernod, Pike Creek. On parle donc d’alcool, mais d’alcool canadien « authentique », qui a passé dix années en fûts, qui a parfait son vieillissement dans des anciens fûts de rhum, qui a été façonné par le temps et par les éléments (on note que les températures peuvent aller de 30 à -25 degrés !). Dave Mitton, ambassadeur de la marque, nous indique même que ce whisky se marierait très bien avec le chocolat noir, et autant vous dire que je suis un peu à deux doigts d’essayer ! Made in Ontario, Pike Creek a misé sur la double maturation, révélant ainsi des notes de fruits secs, de caramel et de vanille, et une couleur relativement ambrée.

Lors de ce déjeuner, nous avons eu la chance de pouvoir le déguster, mis en relief avec, par exemple, du sirop d’érable. Un mélange détonnant, que j’ai bien envie de reproduire pour briller en société avec classe et distinction !

Bientôt commercialisé au prix de 35€ (les 70cl) essentiellement sur http://www.barpremium.com, on est sur un joli cadeau pour la fête des pères, un anniversaire, ou, encore une fois, juste pour soi ! (À consommer avec modération hein !) Plus d’infos sur le site internet de Pike Creek !


clac des doigts
Bon, clairement, et j’en suis désolé, cette découvert s’adresse aux parisiens flemmards uniquement (pour l’instant, attendez la suite !), mais je ne pouvais pas ne pas vous en toucher deux mots. Clac des doigts, c’est ce service dont on rêve tous quand les aléas du quotidien nous jouent des tours. Vous le voyez, ce moment où l’entrejambe de votre pantalon craque en pleine réunion, où vous êtes cloué(e) au lit mais qu’il vous faut impérativement une aspirine, où votre porte se claque avec les clés à l’intérieur, où tout simplement où vous avez la flemme de sortir mais que vous avez faim ? Bon, et bien tout ça, Clac des doigts le fait pour vous. Cette entreprise, au nom plein de promesses, est donc en activité à Paris et en proche banlieue parisienne, pour le moment ! (Petit clin d’oeil aux grandes agglomérations françaises, ainsi qu’à Londres, Genève, ou encore Bruxelles ou Monaco, votre tour pourrait vite arriver !) Sans abonnement, sans minimum d’achat, et via un simple texto (au 06-44-60-99-90, garanti 100% réactif !), l’anniversaire de votre grand-mère sera donc fêté en temps et en heure avec un joli bouquet livré entre 30 et 50 minutes, et au meilleur prix ! Disponibles 7j/7, de 8h à minuit, les opérateurs de Clac des doigts se font un plaisir de satisfaire tous nos désirs (enfin tant que c’est légal hein !)

Encore plus d’infos ? Ca se passe sur le site de Clac des doigts, sur la page Facebook, ou encore sur le compte Instagram : @clacdesdoigts


  • Mon petit coup de coeur musical du moment : Process, de Samphaprocess sampha album

Bon, clairement, je ne suis pas journaliste musical, je n’ai pas l’oreille absolue non plus, mais, comme tout le monde ou presque, j’écoute et je découvre régulièrement des morceaux. Je connaissais déjà Sampha à travers sa « collaboration » avec SBTRKT (Hold on), et sa voix me faisait un petit quelque chose ! (ouuuh) Process est son premier album solo, c’est donc tout naturellement que je l’ai écouté, avec attention. On l’aura compris, j’ai adoré, la voix de cette personne est quand même très satisfaisante à l’écoute, et posée sur certaines chansons comme (No one knows me) Like The Piano, on est sur quelque chose d’assez abouti, voire de très « puissant » (toutes proportions gardées sur ce terme).

Bref, encore une fois, je ne vais pas vous en faire une critique complète et poussée, mais je ne peux que vous conseiller d’écouter. Tout simplement. Et de vous faire votre propre avis !

Allez, on essaie de se refaire des petites découvertes plus vite que la dernière fois, en attendant bonne journée à tous !

Mow Magazine, nouveau venu dans le paysage médiatique lyonnais

La semaine dernière, je suis allé à la soirée de lancement de Mow Magazine, qui se déroulait au Got Milk Restaurant, à Lyon. Derrière ce magazine au nom évocateur, qui est-ce ? C’est une équipe de rédacteurs, photographes, illustrateurs, aux multiples talents, sous la houlette de Morgane Ramel, directrice de la publication. Après avoir récolté des fonds via le financement participatif (sur Kisskiss Bankbank), le numéro 0 de Mow Magazine voit le jour.

Mow Magazine

Ce magazine, qui se veut proposer « un regard nouveau sur le monde », se décompose en quatre catégories : Société, culture, mode, et lifestyle. Appuyés par des rédacteurs majoritairement lyonnais ou parisiens, ainsi que plusieurs photographes de talents, les articles reprennent des thèmes souvent très percutants, comme l’e-reputation, le terrorisme, ou encore les créateurs lyonnais en vogue. Personnellement, j’ai beaucoup apprécié la diversité factuelle des tons, ainsi que l’éclectisme des sujets, gage d’ouverture et de liberté rédactionnelle.

Mow Magazine

Vendu au prix de 5€ (franchement pas cher lorsqu’il s’agit d’aider un joli projet comme celui-ci), le magazine se développe, pour l’instant, à Lyon, mais espère conquérir les terres parisiennes dans quelques temps, si le projet continue de fleurir, et on l’espère !

Mow Magazine

Si Mow Magazine vous interpelle, n’hésitez pas à visiter le site internet, la page Facebook, le compte Twitter, ou encore à jeter un oeil au compte Instagram : @Mow_Magazine

 

Bonne journée !