« Rosa dolorosa », une quête d’amour et de sens

Rosa Dolorosa Martiniere Dorka Fenech

Dix ans. Il a fallu dix ans à Caroline Dorka-Fenech pour écrire cette quête romanesque. Dix ans, pour un livre qui se lit d’une traite tant il nous prend au corps. Le suspense chevillé aux doigts, on tourne les pages comme s’il s’agissait de tout savoir, tout comprendre du meurtre de cet enfant, dont Lino, le fils vingtenaire de Rosa, est accusé. Tous les deux ont pour projet d’avoir, non, d’ouvrir un hôtel dans la Cité des Anges. Ce duo, non, ce quasi couple représente à lui seul ce que le roman tente de nous montrer : la puissance des sentiments. Car lorsque un enfant que Lino connaît bien est retrouvé mort sur la plage, lorsque Lino est accusé, lorsque Lino est emprisonné, lorsque Rosa a honte, c’est bien d’une « mère douleur » dont il est question. Mais d’une mère quand même. Chaque parcelle de leur relation est empreinte de cet amour maternel, qui tentera jusqu’au bout de sauver la réalité. Mais on le sait tou(te)s, la réalité est implacable, et il est bon de se demander jusqu’où l’innocence est légitime lorsqu’on a un fils que tout le monde pense coupable. La fin est celle à laquelle on s’attend, mais qui nous surprend malgré tout, et quand même. Car aimer son fils, c’est aussi savoir s’aimer soi-même. Décidément, le titre de ce premier roman n’aura jamais été aussi bien trouvé, Rosa est vraiment une mater dolorosa, envers et contre tous.

Rosa dolorosa, Caroline Dorka-Fenech, La Martinière, août 2020, 288 pages

« Ida n’existe pas », Adeline Fleury à fleur de mer

Adeline Fleury Ida N'Existe Pas

En 2013, un pêcheur de Berck-sur-mer découvre le cadavre d’une enfant de 15 mois abandonné par sa mère sur la plage, alors que la marée montait. C’est à partir cette histoire sordide et non moins énigmatique qu’Adeline Fleury dresse le portrait d’une mère en pleine crise identitaire. Mais plus qu’un portrait, plus qu’un roman de soi, Ida n’existe pas tire le fil d’une charge de réflexions, entre haine, amour, et désarroi pour l’enfant que l’on a soi-même mis au monde. En partant de la vie de cette mère métisse, marquée par les traditions congolaises et les rites internes, l’autrice pose la question la plus universelle qui soit, à laquelle personne n’aura jamais de réponse : à quoi bon vivre ? À quoi bon vivre, notamment lorsqu’on est une femme. À quoi bon avoir mis au monde Ida, qu’elle aime autant qu’elle déteste. Cette femme maltraitée, qui a connu l’avortement, la fausse couche, est enfin parvenue à devenir une mère, mais est-ce que l’accouchement fait véritablement de nous une mère ? Écrasée par les traditions familiales, cernées par un rapport au corps complexe et sans commisérations, exclue par une partie de sa propre famille, cette mère se définit moins par sa fille que par sa solitude. Et si on ne saura jamais la raison pour laquelle Ida n’existe pas, ce court roman, rêche et sensuel, a le sens des réalités chevillé au corps, et nous enferme le temps d’une inspiration dans un dédale de questions qu’il est toujours bon de se poser, une fois dans sa vie.

Ida n’existe pas, Adeline Fleury, François Bourin Éditions, août 2020, 160 pages

« Cinq dans tes yeux » d’Hadrien Bels : se retrouver à Marseille

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Un premier roman, c’est savoir trancher. C’est savoir parler de ce qui porte, de ce qui trahit, de ce qui tire vers de nouveaux horizons. Cinq dans tes yeux nous tire vers la cité phocéenne, mais pas n’importe laquelle. Ici, Hadrien Bels nous plonge dans le panier des années 1990 grâce à « Stress » (un surnom, naturellement), qui, avec son groupe d’amis, ne se reconnaît plus dans le Marseille d’aujourd’hui. Désormais, la gentrification se mélange à l’acidité d’une ville en perpétuelle ébullition, et ça, Stress, ça ne lui convient pas. Plus questions d’authenticité, de mélange et de promesses brutes. Les rêves d’enfance s’étiolent peu à peu, lacérés par les touristes et les bobos. Et c’est avec cette langue marseillaise, décomplexée et pleine de savoir-faire local, que l’auteur nous présente sa génération, où l’on gravite simplement, même sans la connaître.

En attendant, Sress, lui, rêve de tourner un film sur le quartier qu’il a connu pendant son enfance. Le Panier est aussi là où a grandit Hadrien Bels, et que l’on connaisse ou non la Porte de l’Orient, on arrive à saisir de l’intérieur les sensations, la mise à mal des souvenirs, et l’authenticité rongée par les photos et les boutiques pour ceux que Stress appelle les « Venants ». Si l’essence d’une société est de savoir évoluer, si l’important n’est pas les choses mais la vision que l’on peut en avoir, Cinq dans tes yeux nous montre aussi qu’une ville est un reflet de nous, et que se reconnaître dans celle qui est la sienne est une chose capitale dans une existence aux contours si bien tracés. Et ça, depuis toujours.

Cinq dans tes yeux, Hadrien Bels, L’Iconoclaste, août 2020, 256 pages

Éric Reinhardt, le pouvoir des « Comédies Françaises »

Comedies Francaises Eric Reinhardt

En 2013, Éric Reinhardt tombe sur un article de presse, observant que l’ingénieur français Louis Pouzin s’apprête à être décoré par la reine d’Angleterre. La raison ? Avoir été l’un des « pères d’internet ». Le problème ? Éric Reinhardt – et, disons-le franchement, la plupart d’entre nous – pensait que la joie de surfer était l’apanage des Américains : Comédies Françaises est né. Car oui, pendant près de 500 pages, ce roman nous laisse entrevoir les coulisses de la création d’internet au milieu des années 1970, à travers celle du datagramme.

Le datagramme, c’est l’idée clé, le concept fondamental de Louis Pouzin, qui permet de transmettre les données électroniques par paquets. En somme, le principe capital d’internet ! Mais à l’époque tout ne se passe pas comme prévu. Le patron de la CGE, Ambroise Roux, réussit à influencer le Président Valéry Giscard d’Estaing, et prive la France de l’invention du siècle en lui préférant le Minitel. Un jeu d’influence, mais aussi un coup manqué pas pour tout le monde.

C’est autour de cette histoire fascinante et non moins étonnante que Dimitri Marguerite, le personnage principal de Comédies Françaises évolue. Et ici, il n’est pas uniquement question d’internet, non. On suit également ce jeune homme de 27 ans, journaliste à l’AFP, et héros rohmérien à certains égards, dans ces quêtes amoureuses et professionnelles. Sans cesse confronté à une mécanique de la déception, son sens biaisé des réalités se fonde sur ces moments où tout bascule, et où un chemin se transforme en nouveau sentier. Un joli pied de nez à l’histoire d’internet, moment où la France a bien failli faire basculer son destin. Mais Dimitri s’en fiche, Dimitri est et restera cet éternel idéaliste aux valeurs de gauche, qui aime le théâtre, les filles non épilées, et les hommes, parfois, peut-être. Idéaliste, mais pourtant, dans Comédies Françaises, il sera bel et bien question de lobbying, que l’auteur fustige sans sourciller, montrant également que les rigueurs de l’époque sont souvent bien plus puissantes qu’il n’y paraît. Entre les jeux de pouvoirs et les choses si sacrées de la vie si courante, Comédies Françaises est un portrait croisé, celui d’un héros pour qui les réseaux sociaux n’ont plus de secret, et celui d’un homme qui a bien failli en être la source. Et si Dimitri aime le théâtre, ces comédies françaises ne sont pas forcément celles auxquelles ont aurait pu s’attendre. Bienvenue dans le système Reinhardt !

Comédies Françaises, Éric Reinhardt, Gallimard, août 2020, 480 pages

« Au coeur d’un été tout en or », les éblouissantes articulations d’Anne Serre

Anne Serre Goncourt Nouvelles

Écrire sur soi sans parler de soi, Anne Serre sait définitivement comment faire corps avec les mots. Fraîcheur récompensée par le prix Goncourt de la nouvelle, l’écrivaine a donné l’eau à la bouche à tous les amateur.ices avec son dernier recueil, Au cœur d’un été tout en or, paru au Mercure de France. Trente-trois déclinaisons de soi, qui sont naturellement venues converger avec une certaine période de la vie de l’écrivaine, sans, dit-elle, être autofictives, autobiographique, autoquelque chose. Car oui, Anne Serre, l’autofiction, ça la barbe, ça ne veut rien dire de nous. Et ici son modèle d’autoportrait prend tout son sens, puisqu’on parle de tout le monde sauf de soi. Pourtant, d’apparence rhapsodique, ce recueil est ordonné par une ligne conductrice : une citation de Fernando Pessoa, placée en exergue du livre : “Chacun de nous est plusieurs à soi tout seul, est nombreux, est une prolifération de soi-mêmes”. Un bien beau programme, qui n’est pas sans nous faire penser à l’identité narrative de Ricoeur, qu’Anne Serre semble modeler à merveille.  

Ce recueil en or est  dans une bibliothèque, un beau jour où l’écrivaine a entrepris de noter chaque première phrase de chaque livre contenu dans sa bibliothèque. Une marotte d’écrivaine, peut-être, sans doute. De cette manière, la plupart de ces nouvelles commencent par une phrase célèbre, entre James Joyce et Rainer Maria Rilke, Marie NDiaye et Lewis Carroll. Du beau monde, qui a donné envie à la modeleuse de mots d’en extraire la suite. Et la voici donc avec une cinquantaine de petits textes – peut-on vraiment appeler ça des nouvelles – dont une trentaine ont passé l’épreuve du feu de la publication. Car, son univers à Anne Serre, est un petit jardin où fleurissent des textes, parfois inclassables, habités, subversifs. Les qualificatifs ne manquent pas, mais aucun ne se prête vraiment à ce recueil, qui reflète la vie de tout le monde sans vraiment y coller, qui prend à bas le corps le « je” pour le distordre et le remettre en place,tantôt masculin, tantôt féminin. Mettre de la fiction même là où il n’y en n’a pas, même là où elle n’a pas sa place, c’est peut-être ça, la force d’un écrivain, où qu’il se trouve dans le monde. Et il y a de la malice, chez Anne Serre, mais aussi cette langue qui nous coule entre les doigts, qui semble échapper à tout ce qui nielle la littérature contemporaine. Tout ça, oui tout ça nielle une œuvre traduite outre-Atlantique, même si on aurait bien envie de la garder pour nous. Car Anne Serre, c’est 33 fois oui, c’est 33 fois nous.  

Au coeur d’un été tout en or, Anne Serre, Mercure de France, mai 2020, 144 pages

 

 

« Mon père, ma mère, mes tremblements de terre », la transidentité effritée

Julien Dufresne Lamy Tremblements Terre

On a tous eu à apprendre avec soi. À apprivoiser chaque parcelle, chaque palanquée de mauvais sentiments nichée dans un recoin inconnu. Mais lorsqu’on se connaît déjà, que faire lorsque les mauvais sentiments se transforment en rejet de soi. Apprivoiser, le personnage principal de Mon père, ma mère, mes tremblements de terre sait faire. Il a apprivoisé sa première perruque, le maquillage, la rue, le lycée et le son des autres. Un écosystème installé devenu fébrile, en proie à toutes sortes de remaniements. Les talons comme un étendard, le premier coup de mascara, et puis le prénom. La transition, le changement de sexe, qu’on l’appelle. Alors comme on est mal informé.e, on découvre des sentiments, des moments de vie dont Julien Dufresne-Lamy semble être proches, on ne sait comment on ne sait pourquoi. Ce moment où, lors que la transition, au téléphone, on ne sait plus qui l’on est. Ce moment du « passing », lorsqu’on apparaît comme une femme aux yeux des gens. Et au milieu, Charlie, à l’orée de sa crise d’adolescent, qui assiste sans prise à la transformation de son père, au flottement de ses séismes intérieurs. « Et elle fait quoi (dans la vie), ton père ? », qu’on lui disait au lycée.

La transition, quel mot plus fort pour décrire ce qui se joue et ne se joue pas dans la tête. Changer sans se changer, quatre heures au bloc opératoire, où tout se transforme sans rien faire bouger autour. Une science exacte, perfide au fond, qui permettent enfin de se valider, de se reconnaître. Ne plus être en guerre main dans la main avec soi-même. Et ça n’est pas qu’une histoire d’hormones. Prendre vie quarante ans trop tard, mais prendre vie quand même, voilà tout ce que nous raconte ce livre. En creux, ça n’est évidemment pas qu’une histoire de transidentité, de jugements et de peur, non. le livre met en avant cette question, davantage une réflexion : pourquoi ne pas tout réinventer, à commencer par la langue ? Pourquoi subir la manière dont les pronoms nous désignent ? Si la langue est vouée à une chose, c’est bien à l’évolution, et si elle donne un bel aperçu de ce qu’est une société, autant que ce dernier lui soit fidèle. Mon père, ma mère, mes tremblements de terre est un hymen à la fiction comme meilleur remède à l’imagination et aux idées tronquées. Comme une porte ouverte dans la vie des autres, qu’ils existent ou qu’ils vivent en nous, seulement.

Mon père, ma mère, mes tremblements de terre, Julien Dufresne-Lamy, Belfond, août 2020, 256 pages

La Quille, mon podcast culture hebdomadaire !

Vous me suivez sur les réseaux sociaux ? Comment ça non ? (Mon compte Instagram : @th.louis). Si vous me suivez, vous avez peut-être vu qu’il y quelques mois déjà, je suis revenu à mes premières amours, et j’ai lancé un podcast culturel hebdomadaire : La Quille.

La Quille Podcast Culture

Disponible à l’écoute sur toutes les plateformes de podcast (Apple Podcast/Itunes, Spotify, Deezer, Soundcloud, etc.), il s’agit très simplement de parler de… culture, avec ceux et celles qui la font !

Écrivain.e.s, comédienn.e.s, philosophes, chanteu.se.s, réalisat.rice.urs, etc, chaque semaine, je reçois derrière mon micro une personnalité du monde culturel, en lien – ou non – avec son actualité. L’idée est de parler ensemble de sa dernière oeuvre, mais aussi de son parcours, de sa carrière, ou encore de la vision qu’il/elle a de son métier, toujours en lien avec le monde qui nous entoure.

Il me semble que le dire ici était relativement important pour moi, puisqu’il s’agit d’un vrai projet, qui prend de plus en plus de place dans ma vie « professionnelle ».

Je vous invite donc à vous rendre sur votre plateforme d’écoute favorite, et à venir m’écouter chaque semaine m’entretenir avec ces gens parfois surprenants, souvent inspirants !

N’hésitez évidemment pas à vous abonner au podcast sur la plateforme de votre choix (ça fait toujours plaisir), mais aussi à suivre La Quille sur Instagram (@la.quille), et à mettre cinq étoiles si vous écoutez sur Apple Podcast. Cela permet tout simplement un meilleur référencement du podcast, et lorsqu’on débute, il va sans dire que c’est capital !

(Lien Apple Podcast : https://podcasts.apple.com/fr/podcast/la-quille/id1452279683)

À vite !

La fête des mères s’illumine au Bazar d’Électricité !

Il y a quelques temps, je vous parlais du Bazar d’Électricité, institution parisienne par excellence lorsqu’il s’agit de luminaires ! Plusieurs espaces ont été créés, de sorte à convenir à toutes les envies, mais aussi à tous les styles, et à toutes les occasions. C’est donc au coeur de l’espace design qu’une lampe totalement adaptée à la fêtes des mères se tient. Son nom : « One From the Heart » du designer allemand Ingo Maurer. Particulier vous dites ? Oui, mais terriblement design !

bazar electricite paris maurer

Chevalier des Arts et des Lettres en 1985, Ingo Maurer s’est spécialisé dans les créations et les installations lumineuses, jusqu’à désormais faire partie intégrante des plus grandes collections d’art, comme celle du Moma à New-York !

Dessin Ingo Maurer

Et cet assemblage lumineux, atypique et pourtant si distinctif, en est la représentation parfaite ! À l’origine, cette lampe était un cadeau de mariage que le designer souhaitait faire à ses amis. On retrouve deux câbles, qui s’entremêlent, jusqu’à atteindre ce miroir en forme de coeur, qui reflète lui-même la lumière du mur ou du sol, selon comment on le positionne. Ici, c’est l’ampoule qui éclaire le miroir, permettant ainsi de sculpter la lumière. Et au niveau du socle, deux petits crocodiles viennent surveiller que tout se passe au mieux !

Ingo Maurer Bazar ElectriciteIngo Maurer Bazar Electricite

En bref, une création pleine de recherche, mais aussi d’amour, qui constitue un très beau cadeau pour toutes les mamans !

Vous pouvez retrouver cette lampe et une multitude d’autres modèles dans le plus ancien magasin européen dédié à la lumière : le Bazar d’Électricité !

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Bazar d’Électricité

34, Boulevard Henri IV

75004 PARIS

Ouvert du mardi au vendredi de 9h30 à 19h, et le samedi de 10h à 19h

3 (bonnes) raisons de lire « L’Origine des Autres » de Toni Morrison

(…) il ne doit y avoir rien d’étonnant à ce que Toni Morrison soit de ceux qui comprennent l’emprise qu’a l’Histoire sur nous tous. L’Origine des Autres expose cette compréhension et, si ce livre ne témoigne pas d’un moyen d’échapper immédiatement à l’emprise du passé, il est une aide bienvenue pour aborder la façon dont cette emprise a vu le jour. Ta-Nehisi Coates

toni-morrison-conferencesCe mois-ci vient de paraître un nouvel ouvrage de Toni Morrison. Un peu particulier, il s’agit en réalité d’un recueil de six conférences prononcées à Harvard en 2016 par cette auteure américaine que l’on présente presque plus.

Au fil de ces conférences se déploient des thèmes articulés autour du racisme, du concept de « race », et, plus globalement, de l’identité. Voici donc trois raisons, bonnes à mon sens, de lire L’Origine des Autres :

Parce que c’est Toni Morrison

Toni Morrison, en quelques mots :

  • C’est un prix Pulitzer en 1988
  • C’est un prix Nobel en 1993
  • C’est un engagement politique, littéraire, idéologique reconnu aux États-Unis et dans le monde
  • C’est une voix donnée aux laissés-pour-compte
  • C’est un travail de fond pour produire une oeuvre cohérente et qualitative au prisme d’un humanisme fort.

En bref, c’est une personnalité capitale importante dans le paysage littéraire mondial, qui mène et engage des réflexions poussées, rarement dénuées d’intérêt, sur le monde et sur les réalités américaines.

Parce que ce sont des thèmes brûlants d’actualité

Ces réflexions, Toni Morrison, 87 ans, les écrit, les prononce, et les rassemble dans ce court recueil de conférences, mis en exergue par la sublime préface de Ta-Nehisi Coates.

Aidée par des exemples historiques, sociologiques, mais aussi (et surtout) littéraires, elle part en guerre contre l’inhumain, et dénonce les injustices identitaires de la société américaines.

La réflexion prend des références du passé (à commencer par les débuts de l’esclavage), pour nous faire chronologiquement comprendre qu’aujourd’hui encore, les choses ont terriblement besoin d’être conscientisées.

Des sujets qui nous appartiennent tous, et dont des supports comme L’Origine des Autres sont parfois nécessaires à la bonne compréhension d’un système particulier.

Comment devient-on raciste, sexiste ? Puisque personne ne naît raciste et qu’il n’existe pas de prédisposition foetale au sexisme, on apprend à fabriquer l’Autre non par des conférences ou par une instruction, mais par l’exemple. Toni Morrison (P. 18)

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Un regard critique sur des thèmes qui nous concernent tous, et pas seulement l’Amérique dont elle fait partie : la race, les frontières, la peur de l’Autre, la volonté d’appartenance.

Elle questionne, fait fi des protocoles et nous plonge dans un tourbillon de questions qui n’a jamais été aussi présent dans les débats d’actualité.

Parce que ce sont des conférences

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Des conférences courtes, qu’on lit d’une traite, ou qu’on ausculte une par une. Des conférences où le ton corrosif nous prend, et nous amène jusqu’à l’humanisme que Toni Morrison prône dans son Oeuvre.

Cette technique d’approche réflexive permet de s’appuyer sur des exemples, d’être clair dans un propos qui ne l’est parfois pas, et qui pose des questions avec pugnacité : Qu’est-ce que l’Autre ? Pourquoi se penche-t-on autant sur le concept de « race » ? Pourquoi en avoir peur ? Qu’est-ce que cette « obsession de la couleur » ?

Un pouvoir de conviction qui, lorsqu’on le mêle à des thèmes fondateurs, donne cette série de conférences brillamment menée, formidablement inspirante, sans jamais s’éloigner du principe de réalité.

L’Origine des Autres, Toni Morrison (traduit par Christine Laferrière), Christian Bourgois, 91 pages, mars 2018

J’ai testé : Feed Smart Food

Un repas complet et pratique à partir de 2,50€, on y croit ? Feed l’a fait pour nous.

Avec l’optique de donner un nouveau souffle au monde de l’alimentation, Feed développe des gammes de nourritures vegan, sans gluten, sans lactose, sans OGM, sans noix, et fabriquées en France. Rien que ça ouais !

Mais en bref, qu’est-ce que c’est ?

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Il s’agit en réalité de boissons en poudre, de barres ou encore de produits pour les sportifs élaborés par des nutritionnistes. Toutes ces petites choses constituent un repas complet, en plus pratique ! Par exemple, une barre banane/chocolat = 100% des apports nutritionnels recommandés pour notre déjeuner, on dit oui !

Une alternative à certains repas où l’on n’a pas le temps, ou juste pas l’envie de cuisiner. On est donc ici sur un vrai substitut de repas, et non un produit de régime !

J’ai donc testé des boissons et des barres, et, vous l’aurez compris le résultat est positif ! Car oui, j’ai même été surpris de la qualité et des saveurs développées sur ces produits. Produits qu’on aurait pu juger anecdotiques au premier abord.

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Les barres de céréales sont juste excellentes, dignes d’un biscuit industriel ! Alors que les boissons ont exactement le goût annoncé. À titre d’exemple, le « légumes du jardin » = un potage de grand-mère ! (oui j’abuse, et alors ?)

La préparation des boissons est ultra-simple. Pas besoin d’eau bouillante, de l’eau à température ambiante suffit. On la verse directement dans la bouteille, jusqu’au trait, on secoue énergiquement, et le tour est joué !

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Une jolie découverte donc, que je pense à nouveau consommer lorsque l’envie me prendra/le temps me manquera !