Éric L’Helgoualc’h, se reconnecter à la fiction

La Deconnexion Eric Lhelgoualch Faubourg

Un premier roman, mais qu’est-ce que c’est ? Un premier jet ? Une porte ouverte ? Un exercice de style ? Peut-être un peu de tout ça, mais pas tout à fait, ici. Il faut d’abord s’imaginer un ami d’enfance, à qui l’on propose de dresser un portrait de votre disparition. L’idée est bonne, le roman l’est encore plus. Car raconter la recherche d’un homme d’affaire parti combattre Daech en Syrie aux côtés de volontaires chrétiens, c’est faire le pari de la construction littéraire. Savoir construire une enquête, oui, mais surtout, le roman de l’enquête. Éric L’Helgoualc’h nous y plonge grâce à la télévision, élément extérieur mais parfois central d’un troquet, quel qu’il soit. Un moteur de conversations, qui va donner au narrateur l’envie de sonder le passé. Les « pourquoi » vont se transformer en « comment », pour, nécessairement, finir en « qui ». Qui était-il, cet ami d’enfance que l’on a aujourd’hui fictionné. Qu’il y ait ou non une réponse, il y a toujours le roman pour y prendre part et se déconnecter. 

Éric L’Helgoualc’h, La déconnexion, Éditions du Faubourg, août 2020, 304 pages