L’ultime liberté de Gisèle Halimi

Gisele Halimi Annick Cojean Farouche Liberte

Une farouche liberté est un ouvrage ultime. Ultime, car Gisèle Halimi s’est éteinte il y a peu. Ultime, car c’est aussi le récit éclairant de soixante-dix ans d’engagements féministes. Ce mélange d’entretiens avec son amie spirituelle – la journaliste Annick Cojean – est un livre, mais il est aussi le portrait d’une avocate qui a contribué à faire changer les lois sur le viol et l’avortement. Ne citons que ça. Une génération où tout était à faire, dans un activisme que l’on reconnaît à des procès emblématiques tels que ceux d’Aix-en-Provence ou de Bobigny. Comme on se l’imagine pour la femme, on suit ce livre avec un regard assoiffé de tout ce qu’il a à nous apprendre. On comprend surtout que l’activisme n’est pas une guerre. C’est un combat contre tout, tout ce qui peut être retourné. Une farouche liberté est ce livre où il est question d’être un humain de seconde zone, de combat pour réorganiser le monde, d’incarner la mère, et où on repart avec la farouche envie d’être féministe, et de se mettre du côté de la cause des femmes. Simplement. Farouchement. La fin est une invitation aux jeunes générations à laisser allumée la bougie de la lutte, car qu’on se le dise, Gisèle Halimi n’a pas dit ses derniers mots.

Une farouche liberté, Annick Cojean & Gisèle Halimi, Grasset, août 2020, 160 pages