Se souvenir de Frédéric Perrot

L’amour, le secret et le suspense, un trio dont la grandeur ne semble pas ébranler un primo-romancier comme Fréderic Perrot. À la fois écrivain et scénariste, c’est dans Pour une heure oubliée qu’il déploie ces attributs narratifs, sans dévier de sa trajectoire. Déployant le récit entre passé, présent et futur, il écrit comme on construit une chaumière. On agrandit le mur, on revient sur les finitions, on reprend de plus belle, jusqu’à construire une maison qui tienne. Jusqu’à l’habiter, vraiment.

Tout part d’une rencontre de soirée, d’une heure de sommeil, et d’une femme aux pieds d’Émile. D’un drame. Aucun souvenir, mais tout concorde. Le procès, la prison, la responsabilité, et puis la reconstruction, des années après. Le héros (en est-il seulement un), « refait sa vie », cache les choses à sa nouvelle femme, masque vingt ans. Jusqu’à Sandra, celle qui fera tout basculer. Sandra, la journaliste, Sandra, qui raconte le monde, Sandra, dont le métier n’est autre que d’être factuelle dans ce qu’elle dit. Pas toujours dans ce qu’elle pense. Pour une heure oubliée, et pourtant, un panorama d’une vie sur vingt ans, qui met en scène un personnage complexe, oui, mais aussi très simple. Car être au mauvais endroit au mauvais moment est d’une banalité rare. Ce qui suit, un peu moins.

Pour une heure oubliée, Frédéric Perrot, Mialet-Barrault Éditeurs, janvier 2021, 304 pages

Mon top 3 de la rentrée littéraire 2017 !

Hello hello ! Si vous me suivez sur Instagram, vous savez probablement que j’aime (beaucoup) la littérature, notamment contemporaine. Et la rentrée littéraire est un moment de l’année qui m’enchante au plus haut point, autant qu’il me perd. (581 ouvrages publiés cette année, bonsoir à tous). Comme chaque année, j’ai donc entrepris d’en lire le maximum, sans réel critère, au fil des découvertes, des occasions. Bien évidemment, je ne suis pas journaliste littéraire, mon avis est donc hyper subjectif, et je n’ai évidemment pas lu 581 ouvrages. Toutefois, j’en ai, je crois, découvert un nombre certain  (j’ai par ailleurs été assez déçu de mes lectures, d’où le temps assez long pour rédiger cet article), et vous livre (jeu de mot) ici mon top 3 !

 

Sciences de la vie, Joy Sorman

Dès que j’ai vu s’afficher le nom de Joy Sorman dans la liste des ouvrages de cette rentrée littéraire 2017, j’ai immédiatement sauté sur l’occasion. Il est de ces auteurs dont on ne souhaite manquer aucune parution. Et chez moi, Joy Sorman en fait partie ! (Je ne compte plus le nombre de personnes à qui j’ai offert Comme une bête, paru en 2012 !) Et cette année, je n’ai pas été déçu (ah oui, on peut aimer un auteur et détester l’un de ces ouvrages, dédicace à tous les fans d’Amélie Nothomb) Bref, alors Sciences de la vie, qu’est-ce que c’est, pourquoi j’aurais envie de le conseiller ?

Tout d’abord, sur le site du Seuil, on trouve ce résumé :

Nombre de médecins qui se sont penchés sur les cas saugrenus de la famille de Ninon Moise ont échoué à les guérir, parfois même à simplement les nommer. Depuis le Moyen Âge, les filles aînées de chaque génération sont frappées, les catastrophes s’enchaînent. Ninon, dix-sept ans, dernière-née de cette lignée maudite, a droit à un beau diagnostic : allodynie tactile dynamique, trois mots brandis pour désigner ce mal mystérieux qui brûle la peau de ses bras sans laisser de traces, et sans explications.

Mais Ninon, contrairement à ses aïeules, ne se contente pas d’une formule magique, veut être soignée par la science, et entend échapper au déterminisme génétique, aux récits de sorcières qui ont bercé son enfance, pour rejoindre le temps, adulte, des expériences raisonnées. C’est une décision, celle de contrarier sa propre histoire, de s’inventer une nouvelle identité, de remonter le courant de son intuition initiale, qui lui a fait dire un 19 janvier au réveil je suis maudite comme toutes les autres.

Formidable odyssée de la peau, ce roman de Joy Sorman tend le fil suspendu du destin dans le labyrinthe des énigmes médicales, où l’emporte toujours « la vie, la vie, la vie décidément ».

rentrée littéraire joy sorman sciences de la vie

Bon, très bien, un sujet peu romanesque de prime abord, que Joy Sorman parvient, à mon sens, à « pousser dans ses retranchements ». Le sens de l’analyse dont elle fait preuve prend le dessus, alors qu’on pourrait la soupçonner d’adopter un style alambiqué pour masquer le contenu. Les explications et autres exposés un poil scientifiques sont transmis avec un savoir simple et éloquent, qui nous évite de suspendre la lecture tous les quart d’heure, et de prendre son plus beau « Quid » (livre que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître..) pour y chercher une définition.

Bref, Joy Sorman décrit donc avec ce que j’imagine être une certaine justesse, l’état d’esprit et la douleur permanente de ces personnes atteintes de maladies rares. Maladies rares que l’on considérera alors comme des espèces d’énigmes pour la science et qui, une fois disparues, rendent le malade comme isolé, seul au monde. Comme souvent, une nouvelle expérience de lecteur s’engage avec Joy Sorman !

Joy Sorman, Sciences de la vie, Seuil, 272 pages


Yves Ravey, Trois jours chez ma tante

J’avoue, j’ai choisi celui-ci moins pour l’auteur et le sujet que la maison – à qui je fais entièrement confiance sur la qualité des publications. Je me baladais en librairie, et j’ai tout simplement acheté cet ouvrage, sans avoir vraiment lu le résumé, sans totalement connaître Yves Ravey. Bref, « au petit bonheur la chance » comme on dit ? (comment ça personne ne dit ça ?) Peut-être le titre, qui me fait penser au Goncourt 2005 de François Weyergans, Trois jours chez ma mère ? Quoiqu’il en soit, je m’y suis mis, et ai, par la même occasion, découvert qu’Yves Ravey est un écrivain assez prolifique (on est sur un 18ème roman, ah oui très bien..), dont l’oeuvre théâtrale est entrée à la Comédie Française !

Bon, et ce livre, dans tout ça ? Les Éditions de Minuit le décrivent ainsi :

Après vingt ans d’absence, Marcello Martini est convoqué par sa tante, une vieille dame fortunée qui finit ses jours dans une maison de retraite médicalisée, en ayant gardé toute sa tête.
Elle lui fait savoir qu’elle met fin à son virement mensuel et envisage de le déshériter.
Une discussion s’engage entre eux et ça démarre très fort.

rentrée littéraire yves ravey trois jours chez ma tante

Pour ce 18ème ouvrage, Yves Ravey développe une écriture assez sobre, au service d’un suspsense assez poignant. Les choses sont dévoilées avec un certain calme, un goût pour les détails dits « anodins » assez notable. L’atmosphère prend alors un tournant de plus en plus romanesque, posant des bases presque pesantes, non sans humour à certains moments ! Cette écriture que j’oserais qualifier d’intelligente a d’ailleurs donné à Trois jours chez ma tante une place de choix dans la première sélection du prix Goncourt 2017.

Yves Ravey, Trois jours chez ma tante, Minuit, 192 pages


 

Christophe Honoré, Ton Père

Christophe Honoré est auteur jeunesse, metteur en scène pour le cinéma (Les Chansons d’Amour, par exemple, c’est lui) et le théâtre. Il publie Ton Père au sein de la collection « Traits et portraits » des éditions Mercure de France. Cette collection a pour objectif d’inviter des personnalités à se livrer à l’exercice de l’autoportrait, ponctué d’illustrations choisies par leurs auteurs. Sur les conseils d’une amie, je me suis donc procuré cet ouvrage, qui est – toutes proportions gardées sur ces termes – le récit d’une homophobie ordinaire :

 « Je m’appelle Christophe et j’étais déjà assez âgé quand un enfant est entré dans ma chambre avec un papier à la main. »

C’est par cette première phrase que Christophe Honoré nous fait entrer dans le fulgurant autoportrait romancé d’un homme d’aujourd’hui qui lui ressemble mais qui n’est pas tout à fait lui. Lui, le cinéaste, le metteur en scène de théâtre et d’opéra, mais avant tout l’écrivain.

Sur le papier que sa fille de dix ans a trouvé épinglé à la porte de son appartement, ces mots griffonnés au feutre noir : « Guerre et paix : contrepèterie douteuse ? » Alors, très vite, tout s’emballe et devient presque polar. Qui a écrit ces mots ? Qui le soupçonne d’être un mauvais père ? Peut-on être gay et père ? Le livre nous conduit soudain dans tous les recoins d’une vie mais aussi au cœur de l’adolescence en Bretagne, la découverte du désir, des filles, des garçons, du plaisir, de la drague.

Un livre à la fois puissant et énigmatique, d’une merveilleuse liberté, à la mesure de son sujet.

rentrée littéraire christophe honoré ton père

Ici, le lecteur est immergé dans la mémoire intime de Christophe Honoré. Ce dernier cherche des indices parfois très anciens, dans sa propre enfance, puis au coeur de son adolescence bretonne. Honoré dresse le portrait d’un homme qui doute, mais qui ne baisse pas les bras, à l’aide d’une écriture de l’intime assez poussée. Cette même écriture qui me ferait dire qu’il s’agit ici d’un livre assez « libre », qui fait du bien à voir (à lire), où l’on ressent, de manière subtile mais franche, que l’homosexualité n’a jamais induit, pour lui, l’exclusion de la paternité..

On notera également la présence de photos. De photos d’écrivains et artistes morts du sida – Hervé Guibert, Serge Daney, Jean-Luc Lagarce, Jacques Demy, ou encore Bernard-Marie Koltès. Ton Père est, par ailleurs, présent sur la liste des prix Médicis et Décembre.

Christophe Honoré, Ton Père, Mercure de France, 192 pages

 

Bon, voilà pour mon top 3 ! Aucun de ces ouvrages n’est un « coup de coeur » véritable, mais ils sont, à mon sens, ceux qui se sont démarqués au sein de mes lectures. Par ailleurs, je songe à intégrer beaucoup plus de culture dans mon contenu, sur le blog notamment. N’hésitez pas à me faire savoir si c’est un thème qui vous intéresserait ou non, bonne journée !

Une semaine, des découvertes #3

Cette semaine s’est basée sur trois mots-clés : lecture, cuisine, et box ! Vous allez voir, le mélange est souvent réussi ! Voici donc mes découvertes de la semaine :

 

En premier lieu, j’ai récemment lu l’ouvrage de Yann Andréa, Je voudrais parler de Duras, paru aux Éditions Pauvert en 1999, et réédité en 2016. Pour faire bref, si certains d’entre vous ne connaissent pas l’auteur, il fut le dernier compagnon de Marguerite Duras. Il a principalement basé son oeuvre littéraire sur la figure de cette auteure, dont il a été l’acolyte de fin de vie.

Cet ouvrage est la retranscription des entretiens de Yann Andréa avec Michèle Manceaux, écrivain, journaliste, et amie de Marguerite Duras. Il y évoque alors sa relation particulière avec l’auteure, sa vision de ce personnage emblématique, de son rapport à l’écriture, au couple, etc. Personnellement, je me sens assez proche de ce duo, tant sur le plan de l’écriture que sur le plan personnel, j’ai donc lu ces entretiens d’une traite, sans répit aucun. Les aficionados de Duras n’y apprendront rien de transcendent, mais il est toujours intéressant de se replonger dans cette histoire littéraire qui aura marqué le XXème siècle.

Yann Andrea
Yann Andréa, Je voudrais parler de Duras, 1999/2016, Pauvert, 112 pages, 10€


Continuons à parler bouquins ! Cette semaine, j’ai reçu une box lecture : la Kube. Fondée en février 2015, la Kube a pour objectif de dénicher LE livre qui correspondra aux attentes, aux goûts, aux envies du moment du lecteur potentiel. De ce fait, le principe de la Kube est simple : Le lecteur donne ses critères, et le réseau de libraires sélectionnés par la Kube se charge de lui trouver un livre sur-mesure, qui collera au mieux à ses attentes. Le premier choix ne vous convient pas ? Pas de panique, il est possible de faire une deuxième tentative !

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Pour ma part, mon critère principal était plutôt vaste : j’avais indiqué souhaiter recevoir une publication contemporaine française. J’ai donc reçu un livre de 2014, en format poche, de Sylvain Prudhomme, Les Grands. Le choix est donc pertinent, un bon point pour la Kube ! En parallèle, de nombreux goodies : une carte postale aux couleurs automnales, divers prospectus, un crayon à papier, un « carnet d’émotions », un échantillon de thé, et un autre livre : Un détective à la Havane », de Leonardo Padura. Car oui, les éditions Métailié étaient invitées de la box de ce mois-ci. Elles y ont alors gentiment glissé l’une de leur publications en supplément, tout ceci pour 15€ par mois, chouette non ?

La Kube

 

La Kube

La Kube

Parlons du carnet d’émotions, que la Kube nous offre en supplément, qu’est-ce que c’est ? Le principe est rigolo, je vous laisse avec l’explication en photo ci-dessous :

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La Kube

Pour ma part, j’ai été conquis par cette box, l’idée cadeau est également super pour quelqu’un dont les goûts littéraires nous sont familiers !

Pour plus d’informations, rendez-vous sur le site de La Kube, la page Facebook, ou le compte Instagram : @Insta_Kube

 


Amis du voyage, amis de la bonne bouffe, bienvenue ! Chez Kitchen Trotter, les deux se mêlent à merveille, au sein d’une box dont le thème change chaque mois. Axée autour d’un pays et de ses traditions culinaires, Kitchen Trotter se fixe le défi de nous faire voyager par les papilles sans bouger de chez nous, verdict ?

Kitchen Trotter

Et bien c’est un pari plus que réussi ! Le dernier kit (que j’ai donc reçu) prend pour thème la Pologne. Au programme de la box, de nombreux produits, tous listés dans un petit dépliant aux couleurs du pays : Kitchen trotter Pologne

Raifort, graines de pavot, caramels aux cacahuètes, cèpes séchés, et même moule à pierogi (sorte de raviole polonaise). Le kit est vraiment complet, je suis ravi !

Le dépliant explique donc l’intérêt de chacun de chaque élément présent dans la box, mais propose également une recette à partir des produits en question. De quoi ne pas être déboussolé lorsque l’on découvre le pays par sa cuisine !

Kitchen TrotterKitchen Trotter

Pour 25€ par mois, vous pouvez donc découvrir la culture d’un pays par sa cuisine, à travers une box vraiment bien remplie. L’idée est vraiment bonne, amusante, et fonctionne à merveille !

Plus d’infos sur le site Kitchen Trotter, la page Facebook, ou encore le compte Instagram : @Kitchentrotter.

 

Bonne semaine !