Les roses fauves de Carole Martinez tricotent la fiction

Les Roses Fauves Carole Martinez

Le coeur de Carole Martinez se fermera-t-il un jour ? Non sans frisson, c’est la question que l’on se pose en fermant Les roses fauves, car la romancière n’est autre qu’une merveilleuse conteuse. Une conteuse dont chaque phrase appelle la lecture d’une autre, entre subtil et merveilleux. Et c’est peut-être là la force de ce livre : rendre la fiction palpable par l’esprit, reconnaissable par ses contours. Les roses fauves : un personnage de narratrice écrivaine, un personnage de factrice touchante et addictive. Carole Martinez est une conteuse, oui, doublée d’une portraitiste, comme une casquette totémique portée au fil de son oeuvre. Il n’en fallait pas plus pour donner du corps aux secrets de famille dont l’autrice est familière. Et pour cause, les secrets, elle les maîtrise à la perfection, à commencer par celui du récit. Mais ce qui nous retient en sortant d’ici, c’est l’héritage, la transmission, le pouvoir du souvenir inventé, et au fond, il n’en fallait pas plus pour retirer nos épines.

Les roses fauves, Carole Martinez, Gallimard, août 2020, 352 pages