Lise Charles, le coeur ouvert enfermé

Lise Charles Demoiselle Coeur Ouvert POL

Un roman épistolaire, mais qu’est-ce que c’est ? Des confidences ? Des secrets ? Des ambitions cachées ? Probablement plus. La Demoiselle à coeur ouvert met en relief un texte polymorphe, inspiré par le statut singulier que connut l’autrice, partagé par beaucoup mais par très peu d’entre nous : pensionnaire de la Villa Médicis. Un lieu où la création est Reine, qui fait pivot dans ce livre. On regarde Octave Milton s’écharper à rédiger la biographie d’un homme sans intérêt, rencontrer Marianne et sa fille Louise, échanger avec son éditrice, se promener avec un pensionnaire restaurateur de tableaux, et finalement, incarner l’inspiration telle qu’elle est : un peu plus creuse chaque jour, si on n’y prête pas attention.

Si la construction du livre se joue des formes textuelles, si l’on retrouve des mails ou des articles universitaire, il va sans dire que le désir des personnages coule au milieu. On y voit apparaître des vivants et puis des morts, des moments de vie comme des innocences mortifères. Le vrai, le faux, les jeux de miroirs narratifs, La Demoiselle à coeur ouvert est pourtant une invitation à créer, à faire littérature, et à garder pour soi les choses qui devraient l’être. Aussi, Lise Charles a compris que la manipulation et l’enfance forment un mélange fêlé, et c’est à se demander si, vraiment, Sartre n’avait pas raison : l’enfer, c’est les autres.

La Demoiselle à coeur ouvert, Lise Charles, P.O.L, août 2020, 352 pages

« Yoga », la grande respiration d’Emmanuel Carrère

Yoga Emmanuel Carrere POL

Lors d’une rentrée littéraire, il y a des auteurs plus attendus que d’autres. Emmanuel Carrère fait désormais partie de ce club très privé. Mais lors d’une rentrée littéraire, il y a aussi des livres plus forts que d’autres. Combiner les deux semble relever du miracle, ou, en tous cas, du fait rare. Par chance (ou peut-être pas), c’est ce qui semble se passer avec Yoga. Dans ce livre, à mi-chemin entre l’autobiographie et le manuel pour être au monde, Emmanuel Carrère brosse un portrait du yoga comme celui d’une discipline importante, mais aussi éclairante sur bon nombre de points. Car c’est bien ça l’atout majeur de ce livre : il parle de tout, avec une fluidité et une unicité qui confine au particulier. En réalité, rares sont les livres qui nous happent, qui saisissent notre attention, la conservent, la secouent un peu parfois, et la relâchent dans la nature après presque 400 pages. Dans Yoga, il est naturellement question de yoga, mais très vite, les troubles dépressifs de l’auteur prennent le pas, les anecdotes qui n’en sont pas deviennent des sujets. Tout ceci est mené avec une honnêteté dans la plume qui rend chaque fait vérace et limpide à nos yeux. Emmanuel Carrère y déploie un portrait de lui pas toujours positif, ou devrait-on dire, plutôt négatif, mais terriblement attachant ; comme un personnage de roman. Yoga est un livre où le « je » est partout, mais où il est impossible de se dire « quel narcissisme », sans comprendre pourquoi car au fond, tous les ingrédients du livre autocentré pourraient être réunis. Mais si la sauce prend, si Yoga est évidemment tout sauf ça, c’est probablement grâce à l’ingrédient magique, dont seul Carrère a ici le secret : le talent et, finalement, la fureur de vivre.

Yoga, Emmanuel Carrère, P.O.L, août 2020, 400 pages

Une semaine, des découvertes #1

Le week-end est là, il est temps de faire le point sur la semaine passée. Entre culture, mode, food, voici une petite compilation de mes découvertes hebdomadaires :

Blé

En cette période de rentrée littéraire, je me suis plongé dans le premier livre de Mathieu Bermann, Amours sur mesure, publié chez POL. Ici, on l’aura compris, l’Amour est le point d’ancrage d’un récit où se mêlent histoires de coeur, aventures d’un soir, ou encore questionnements quasi-métaphysiques. Un seul mot, mais de multiples réalités, qui font prendre conscience que le poids des mots peut être important.

En amour, chacun fait sinon à sa volonté, du moins à sa mesure.

thlouis.com
Amours sur mesure, Mathieu Bermann, POL, août 2016, 154 pages

J’ai aussi découvert un lieu qui tend fortement à devenir mon nouveau QG lyonnais : Le Café Arsène ! Derrière ce prénom accrocheur, Fabrice Barry et Michaël Ballay, duo de choc qui nous propose ici une ambiance bistrot-comptoir, revue au goût du jour. Ouvert depuis le mois de mai, c’est dans une ambiance cosy mais épurée que l’on peut grignoter ce que l’on considère déjà comme les « meilleurs sandwiches de Lyon », ou bien simplement siroter un expresso sur le zinc ! Malgré un prix un poil au-dessus de la moyenne, la cuisine est généreuse, 100% française, et ça, on approuve ! Petit plus non négligeable, la terrasse, installée dans la petite rue du Garet, à deux pas de l’opéra. Pas tout à fait un restaurant, pas vraiment un coffee shop, le Café Arsène revisite à merveille l’esprit « casse-croûte » d’antan, dans un esprit convivial et chaleureux ! Pour plus d’infos, n’hésitez pas à jeter un oeil à leur page Facebook.

Café Arsène Lyon
Café Arsène, 5 rue du Garet 69001 LYON (Fermé le dimanche !)

Parlons peu, parlons mode, cette semaine, j’ai aussi reçu une commande passée quelques  jours auparavant sur le site de Perús. Perús, c’est cette marque lancée par trois copains, et financée par une communauté d’internautes (c’est ce qu’on appelle le crowfunding, si vous ne savez pas ce que c’est, vous pouvez cliquer ici, c’est très bien expliqué !). Bref, ces trois copains, lors d’un voyage en Amérique latine, ont eu le coup de coeur pour les motifs incas, et ont immédiatement décidé d’en faire quelque chose. Vous l’aurez compris, Perús est né, avec pour adage d’allier tradition et modernité. Et petit (gros) plus de la marque : Pour chaque paire achetée, un jour d’école serait financé dans une banlieue pauvre de Cusco, au Pérou. Une raison supplémentaire pour aimer et partager cette marque qui semble avoir de beaux jours devant elle ! Pour en savoir plus ou pour commander, vous pouvez vous rendre sur le site internet de Perús !

Perus

Perus
Mes nouvelles chaussures de chez Perús !

 

Ma semaine s’est terminée en beauté lorsque j’ai découvert l’oeuvre de Chantal Akerman. Certes, son nom me disait quelque chose, mais j’aurais été bien incapable de vous citer la moindre de ses oeuvres. Par chance, notre ami Youtube dispose de vidéos (parfois en intégralité) de ses films et autres réalisations. J’ai donc pu comprendre et analyser à quel point elle fut d’une influence notable pour des cinéastes comme Gus Van Sant, ou encore Michael Haneke, qui illustrent le vide ou les comportements humaines à merveille. Réalisatrice, artiste contemporaine, enseignante, Chantal Akerman est cette figure aux multiples casquettes, que je suis plus que content d’avoir rencontré ! Juste ici, une vidéo qui, selon moi, résume assez bien son univers.

Chantal Akerman

À la semaine prochaine, donc !

Voilà l’automne !

Et voici mon premier article essentiellement photo ! Et sur un thème on ne peut plus stimulant. En effet, l’automne est une saison que j’affectionne tout particulièrement. Poésie, chaleur, couleurs, saveurs, tout un melting-pot de mots-clés aussi inspirants les uns que les autres ! Alors pour amorcer la saison, j’ai choisi de l’illustrer par de simples photos. Photos qui résument, selon moi, les détails qui font l’essence de cette belle saison.  Entre tranquillité et petites choses de la vie, scènes de vie et clichés de Lyon, en voici un aperçu !

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