Raphaël Nizan, le ciel plus sombre

Sous le ciel vide Raphael Nizan

On ne connaît quasiment rien de Raphaël Nizan. Rien, sinon son écriture : des phrases longues, qui enroulent chaque association de mots pour ne laisser voir que l’essentiel d’une vie. Après l’incendie de Notre-Dame, le souvenir s’installe dans le roman. Entre Ayla et le narrateur, tout n’est pas si simple. Cet amour, à la lisière de la mythologie, s’illustre moins par ses errances que par la passion d’adolescents qui la construit. Et on le sait, ces petites passions sont bien souvent les plus profondes dans une vie. Les plus blessantes, aussi. Une passion, oui, qui se consume et qui sue au rythme des déliés stylistiques de ce court roman. Et entre l’alcool, la dope, la prostitution, et la musique – omniprésente, deux époques entrent en résonance, et laissent une question en surbrillance : qu’est-ce que c’est, une bonne vie ? Une question que chaque génération laissera sur le carreau, mais que l’on n’aura de cesse de serrer contre soi, sous le ciel vide de la vie.

Raphaël Nizan, Sous le ciel vide, Maurice Nadeau, septembre 2020, 98 pages